L’Empereur de Paris : focus sur le systema, art martial russe dont s’inspire Vincent Cassel

A l’occasion de la sortie de “L’Empereur de Paris” emmené par Vincent Cassel, gros plan sur le systema, un art martial russe particulier qui a inspiré les combats de ce film spectaculaire.

En salles aujourd’hui, L’Empereur de Paris voit Vincent Cassel se glisser dans la peau du très cinématographique François Vidocq, une légende des bas-fonds parisiens qui est aussi le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays. Film à grand spectacle, cette nouvelle collaboration Jean-François Richet/Cassel, après les deux Mesrine et Un moment d’égarement, comporte plusieurs scènes d’action, dont quelques combats.

Ayant, durant sa carrière, souvent pris part à des films dans lesquels il a pu faire montre de ses talents en arts martiaux (Le Pacte des loups, Agents secrets, Jason Bourne, etc.), Vincent Cassel a voulu proposer quelque chose de nouveau pour les combats de L’Empereur de Paris. Il a ainsi pensé à se servir du systema, un art martial russe plutôt méconnu ayant comme particularité d’être peu démonstratif (malgré son efficacité). Dans une interview accordée à AlloCiné, l’acteur avait expliqué :

 Ce sont des coups qui sont donnés de très près, il n’y a rien de très belliqueux, on arme pas ses coups, on est pas dans une position de machos qui vont se taper sur la gueule. C’est discret. La garde c’est des bras ballants, en restant tout mou. En fait ça, on ne l’a pas trop vu. Et je me disais : “Il y a peut-être quelque chose à utiliser là-dedans. De prendre le truc à contre-pied et faire un art martial qui n’est pas si intéressant que ça à regarder. C’est peut-être ça qui va le rendre intéressant.”

Le systema est né, pour ensuite évoluer et connaître diverses variantes, aux alentours du 10ème siècle dans la Principauté de Kiev, sans que l’on puisse dater ses prémices de manière précise. Il a ensuite été développé à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle à partir du “sambo”, un autre art martial russe empruntant beaucoup au judo et au ju-jitsu. Conçu à partir d’observations du fonctionnement du corps humain et d’autres techniques d’art martiaux, ce système de self-défense a surtout été pratiqué pendant l’ère soviétique par les forces armées russes. Depuis la chute du régime, il est accessible à tous et ce dans plusieurs pays, dont la France où il est possible de suivre des formations plus ou moins approfondies auprès de spécialistes (il existe par exemple trois clubs à Paris). 

S’il est redoutablement efficace (bien que peu impressionnant), le systema n’est pas un art martial ordinaire. Faisant davantage appel à des principes biomécaniques, physiologiques, neuromusculaires et philosophiques qu’à la force pure, il est principalement basé sur deux choses : le contrôle de la respiration et l’improvisation. Il s’agit en effet de maîtriser sa peur (via des exercices de respiration) pour ensuite neutraliser son adversaire rapidement, avec des coups ou des prises simples, et ce dans n’importe quelles circonstances (avec ou sans armes, etc.). En ce sens, le systema est indissociable d’une large observation de la nature humaine et de la physiologie de l’être humain. C’est notamment pour cette raison que l’entraînement comprend beaucoup de discussions entre participants.

 

Pour l’instructeur Helly Khosrow (que l’on voit dans la vidéo ci-dessus), le systema est autant un art martial permettant de se défendre qu’une philosophie de vie destinée à mieux appréhender son rapport aux autres : “Le systema est une méthodologie d’adaptation à son environnement, de manière individuelle ou en groupe, avec ou sans outils. Pour faciliter les choses, on dit qu’il s’agit d’un art martial russe, mais le systema va un peu au-delà des arts martiaux que l’on connait, comme l’aïkido ou le karaté. C’est plus une méthodologie.”  

Chaque entraînement de systema commence par une séance de mouvements basés sur la biomécanique du corps humain. L’objectif ? Favoriser la respiration, à la manière du yoga. Les pratiquants effectuent, seul ou avec un partenaire, divers gestes plus ou moins lents, concernant toutes les parties du corps. L’entraînement se poursuit sur l’intégration de principes en rapport avec le combat, où l’improvisation est de mise. Les coups portés et autres techniques de soumission n’obéissent à aucune règle précise : le systema ne comprend pas d’enchaînements ou de postures types à travailler, comme c’est le cas dans les autres arts martiaux. Il ne possède pas non plus de système de grade, ni de tenue spécifique ou autres règles comme le fait de se tenir au garde à vous devant un instructeur.

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La phase de combat à l’entraînement peut se faire sous plusieurs formes : les traditionnels duels (un contre un), mais aussi la mise en situation particulière (par exemple, seul face à quelqu’un ayant une arme ou seul assis sur une chaise face à quelqu’un qui est debout) et les “seul contre tous”, où il s’agit de rester constamment en mouvement, de la manière la plus souple possible. 

Les combats de "L'Empereur de Paris" vus par Vincent Cassel

 

 

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